Bonne fête du nouveau cycle de reconstruction

Affiche du film Apocalypto

© Icon Productions

En cette période de fin d’année où sont diffusés les almanachs du service public et des entreprises, c’est, comme vous le savez, du calendrier solaire des mayas dont on a le plus parlé et non celui de la société Pirelli.

Plus qu’un simple calendrier, le calendrier maya constituait un modèle figurant l’évolution des astres et la manière dont elle influe sur la vie humaine.

Scientifiques vs millénaristes

Pour contenir les rumeurs mayanistes, millénaristes et autres délires New Age – 183 prédictions de fin du monde depuis le 19 éme siècle, tout de même – véhiculées par les prophètes et gourous et dans une certaine mesure par les médias et les services marketing, des organismes scientifiques aussi prestigieux que la NASA puis le CNRS ont du communiquer à ce sujet.

Le musée d’archéologie et d’anthropologie de l’université de Pennsylvanie (États-Unis) a également organisé du 5 décembre jusqu’au 13 janvier 2013, une exposition qui démonte la prédiction tout en proposant un évènement festif le 21 décembre.

Même si la vraie fin du monde est déjà programmée selon l’astrophysicien Hubert Reeves : « Le réchauffement climatique, la pollution généralisée, l’érosion de la biodiversité. Nous sommes déjà plongés dedans. La question est de savoir jusqu’où cela va aller ?« 

A qui profite le buzz médiatique ?

Rien ne sert d’essayer d’y échapper en s’installant dans la base secrète du pic de la commune audoise de Bugarach, terre cathare et lieu de réunion d’ufologues qui, visiblement, prennent la série Docteur Who pour un documentaire.

L’immunité prétendue de ce village aura attiré prés de 250 journalistes internationaux, occasionné le déploiement de 70 gendarmes mais n’aura entraîné aucunes véritables « retombées » touristiques.

Comme selon la légende, le réseau Arpanet devait permettre aux réseaux de communication de rester opérationnel malgré une attaque nucléaire massive durant la guerre froide, la focalisation sur ce faux positif a été entretenue, malgré tout par les médias et dans nos conversations en bonne partie grâce à l’internet (cf. #findumonde et #findumondele17juillet2028).

Et maintenant, la reconstruction ?

L’armageddon n’a pas eu lieu mais nous ne sommes pas techniquement des survivants puisque l’ingénieur d’Études au CNRS, Jean-Michel Hoppan a précisé que « L’allusion à la fin du grand cycle n’est pas présentée comme étant […] un cataclysme, une destruction du monde, mais mentionne le retour d’une divinité qui remet le temps en marche. Donc on a plutôt, en fait, un message de reconstruction, que de destruction« .

Si on considère que le temps est de l’argent, peut être pouvons nous envisager que cette divinité est la déesse Europe dont l’effigie ornera en mai 2013 les billets de 5 euros comme l’a annoncé la Banque centrale européenne.

Par ailleurs, cette « bulle » médiatique a permis de ne pas trop se concentrer, en cette période de fêtes, sur ce qui va changer durant l’année du Serpent qui se présente, à compter du 1er janvier 2013 et ce, pour les ménages et les entreprises et de manière générale pour la conjoncture économique.

Et les astéroïdes géocroiseurs dans tout ça ?

Le 12 de ce mois, nous venons de frôler l’incident de quelques millions de kilomètres avec l’astéroïde Toutatis. Gageons que quelques fanatiques désigneront rapidement un nouveau Doomsday.

En 2028, l’astéroïde géocroiseur 1997 XF11 s’approchera de la terre et en 2036, cela sera au tour de apophis 99942. Le physicien et astronome anglais Isaac Newton s’était bien égaré à prévoir la fin des temps en 2060, alors.

Joyeuse fin du monde d’année.

En vous souhaitant de bonnes fêtes et en attendant la prochaine fin du monde, je vous propose de (ré)écouter une chanson de 1975 interprétée par Serge Gainbourg.😉

« Désigner nommément le mal, c’était le faire exister, en rechercher la cause, c’était avouer son inquiétude, s’exposer aux rumeurs ». Franck Pavloff (romancier)

Que vous a appris cette rumeur sociétale ?


 Références :