REWICS : Carnet de route 2007

Je profite de l’approche de la nouvelle édition des Rencontres wallonnes de l’internet citoyen (REWICS) qui se tiendra à la Géode de Charleroi, le 18 avril pour déterrer différents articles archivés dans un ancien blog animé par l’association. Je vous le (re)propose à la lecture dans un assemblage sous forme de compte-rendu de ma participation d’alors, en tant qu’orateur, à la table ronde « Culture en ligne, cultures en réseau ».
neige aux REWICS

Le temps du 19 mars 2007

La cinquième édition des ReWICS (Rencontres Wallonnes de l’internet citoyen) a eu lieu le 19 mars 2007, à Charleroi. « Les ReWICs, nées en même temps que les Remics, en Aquitaine, un peu avant les Roumics en Nord-pas-de-Calais, essaient, bon an mal an, de réunir ceux qui essaient d’introduire les TIC dans le secteur non-marchand en Belgique francophone. Ces Rencontres ont été le lieu de nombreux débats, elles ont voulu relayer ce qui se fait ici et ailleurs. Elles n’appartiennent d’ailleurs pas à ses organisateurs mais à toutes celles et tous ceux qui y prennent la parole, professionnels des TIC ou simples citoyens. »
[ source : rewics.be ]

ma journée aux REWICS

Entrée du Charleroi Espace Meeting Européen

L’édition 2007 a accueilli au Charleroi Espace Meeting Européen (C.E.M.E.), pas moins de 52 stands d’exposants et 34 ateliers (conférences et tables rondes). Cette évènement a été officiellement inauguré par la Ministre-Présidente de la Communauté française de Belgique, en charge de l’enseignement obligatoire et de la promotion sociale, Ministre de la formation au Gouvernement wallon; Marie AENA. Les REWICS sont une organisation du Pôle Ressources & Diffusion de Technofutur TIC, Centre de compétence en technologies de l’information et de la Communication de la Région wallonne.

Les différentes problématiques abordées lors de cette table ronde étaient les suivantes : « Savoirs et culture vivent par, pour, avec, grâce au réseau. Le territoire est le ferment la culture multimédia : langues et patrimoines viennent nourrir les œuvres diffusées. Comment transmettre la culture multimédia en ligne ? Comment travailler en commun sur des projets culturels sur Internet ? Dans cet aller-retour permanent de création entre réel au virtuel, qu’apprend-t-on ? La culture multimédia partagée est-elle en train de faire naître de nouvelles formes de savoirs ? »
[ source : rewics.be ]

stands aux REWICS

Les différents stands des REWICS 2007

Outre les 52 stands présents dans le Centre des Congrés de Charleroi, de nombreuses animations extérieures étaient proposées aux visiteurs, notamment les « bus-internet » ou cybernibus. J’ai bien évidemment fait le tour de tous les stands du rez-de-chaussée et de l’étage, en m’attardant particulièrement à certains dont celui de Technofutur et des Espaces Publics Numériques. Pour l’anecdote, j’avais découvert l’EPN de Marche-en-Famenne en 1996, grâce à l’artiste-peintre numérique belge Gérard Elleboudt. D’autres stands ont retenu mon attention et j’ai discuté longuement avec leurs représentants.

1) Une démonstration de la solution Classe communicante Promothean. « Elle permet de créer un environnement d’apprentissage où élèves et professeurs bénéficient d’une réelle interactivité en intégrant le matériel pédagogique et en sollicitant la participation active de l’élève. »

2) Le stand de l’association roubaisienne ANIS qui organisent de son coté les ROUMICS et qui, à l’occasion de la fête de l’internet, avais organisé durant les mêmes dates avec la ville de Roubaix, de nombreux évènements sur la thématique « Démocratie participative et Internet ».

3) Le portail de la formation à distance Learn-on-line, qui a par ailleurs été officiellement lancé, le 19 mars. Ce portail permet « de stimuler l’intérêt pour l’e-learning, de favoriser l’utilisation des formations en ligne et d’améliorer la qualité des dispositifs existants ».

4) Le stand de Blogomag, projet associatif qui incite les enfants et jeunes en intervenant dans les établissements scolaires à s’exprimer dans la blogosphére et les sensibilise aux règles de l’écriture multimédia.

5) Le stand media-animation qui assure la création et la promotion des outils multimédia et notamment du blog pour la communication et l’éducation.

6) Le stand enseignons.be qui assure la promotion d’un outil social par et pour les enseignants « pour partager des préparations de cours, des informations, échanger avis et opinions sur l’enseignement à tous niveaux et dans toutes disciplines de façon simple et conviviale. »

7) Le stand L’enseignement à distance de la communauté française qui propose des solutions souples et adaptées d’apprentissage à distance.

8) Le stand de Claroline qui est un logiciel libre et permet de créer et de gérer une plateforme d’apprentissage et de travail collaboratif par internet pour les enseignants et les élèves.

9) Le stand de Oxfam-solidarité, association qui reconditionne des vieux ordinateurs pour faciliter l’accès à cet outil à un cout dérisoire et gère leur maintenance à distance grâce à leur service « Easy-e-space ». Ces opérations marchandes leur permet de financer des actions humanitaires.

10) Le stand d’E-criture  qui « valorise  le travail des rédacteurs web et la qualité des contenus écrits sur Internet. »

Ce genre de convention permet de concentrer dans un même espace de nombreuses compétences qui œuvrent dans la même dynamique mais qui se trouve néanmoins confronté à des difficultés diverses pour la mise en place de projet. A noter que de nombreux projets bénéficient du soutien de la région Wallone qui fait preuve pour la culture multimédia, d’une véritable volonté politique.

Les conférences et les impressions aux REWICS

Les conférences et les impressions aux REWICS 2007

Pour ma première excursion dans la vraie vie merveilleuse des blogueurs, webmasters, techniciens, théoriciens et autres « professionnels de la profession »,  j’ai passé en revue sur le web, les avis et suggestions que je partage concernant cet événement auquel j’ai assisté :

« Comme je m’y attendais, il s’agit plus d’un salon que d’une conférence mais il a le mérite de rassembler quelques-uns des mouvements actifs de l’Internet Wallon. » Jeremy Depauw

Il est un fait que 34 ateliers et tables rondes ainsi que 52 stands, c’est mathématiquement et humainement impossible à visiter en « entier », d’autant que j’avais effectué inconsciemment un « tri » puisque je recherchais des solutions techniques pour l’apprentissage et la formation à distance et aussi avoir des retours d’expérience concernant ce type d’activité et celles mises en place en établissements scolaires, concernant l’écriture multimédia. Par nature le salon, plus attractif, prend le pas sur les conférences, d’autant que malgré une programmation copieuse, aucun rappel n’était formulé. Donc, une certaine difficulté à plannifier correctement sa journée. De plus aucun résumé ou compte-rendu, à ma connaissance, n’existe au sujet de toutes les conférences. Les ReWICS n’ont donc existé que le 19 mars 2007, je m’attendais à un suivi au delà de cette date.

« Beaucoup de passages dans les stands.. mais peu de visiteurs liés au public jeune (mais quand mettra-t-on les Rewics un mercredi pour permettre à des responsables pédagogiques de venir y jeter un coup d’œil?) »
Anne-Claire Orban de Xivry

Etrange en effet pour un évènement où les expériences éducatives étaient majoritairement représentées.

« L’ambiance était évidemment « branchée » et j’ai pu noter la présence de deux partis politiques (PS et Ecolo) parmi les exposants en plus d’une floppée d’associations, d’institutions et de sociétés commerciales présentes sur les lieux. » Mehmet Koksal

Que dans une convention qui se positionne clairement dans l’univers non-marchand, il y ait des sociétés marchandes ne me choque pas (cf. l’implication marquée de Microsoft dans les TICE), en revanche, que sur la base de l’expression citoyenne, j’imagine, des partis politiques tiennent des stands, pourquoi pas, mais alors toutes les tendances sont représentés et pas uniquement celles du pouvoir en place. Concernant la branchitude ambiante,  c’est vrai que les technologies étaient bien évidemment fortement présentes, mais il m’a semblé que dans le salon, c’était plutôt le « pourquoi » que le « comment » qui était abordé. Chacun  se côtoie  dans la même optique pendant un temps donné mais cet espace « virtuel » temporaire devrait avoir une vie fédératrice en dehors du salon.

« Je suis resté un peu sur ma faim mais sans pour autant tirer de conclusions hâtives. Je trouvais qu’il y avait une sorte de contradiction entre d’un côté un intérêt accru du public en général par rapport aux thématiques de l’atelier (on a bien entendu parlé Accessibilité) et un intérêt des acteurs à promouvoir ce genre de pratiques et, de l’autre, peu de reconnaissance et d’intérêt des pairs sur ce sujet. » Benoît Vrins

J’ai eu le même sentiment ambigüe vis à vis de cette journée motivante sur le moment mais qui m’a laissé sur ma faim aussi. L’impression qu’au delà, les actions menées restaient vaines. Nous nous sommes rencontrés mais pourquoi faire ? Interpeler un public déjà acquis ? Echanger avec d’autres associations sur les mêmes problématiques, sur les mêmes points techniques ? Dans certains cas poser des questions sans obtenir ce jour là de réponses, sans envisager des pistes, des constructions possibles. Le sentiment bizarre qu’après cette journée, chacun repart avec ses mêmes convictions. Je m’attendais à percevoir la triangulation acteur-promoteur/diffuseur/prescripteur-usager (public). Sans remettre en cause la qualité organisationnelle évidente des promoteurs de l’évènement, j’ai conservé un sentiment mitigé de cette journée sur son contenu et son sens, mais cela n’est qu’une opinion subjective pour une première invitation.

Proposez des outils pour permettre aux citoyens (jeunes et adultes) de s’exprimer, c’est bien, aborder avec eux la culture de l’écriture multimédia, c’est une autre paire de manches.

Je laisserais le mot de la fin, pour cette partie, à Denis Balencourt : « Bodink, l’improbable web radio conservatrice du patrimoine musical que personne ne revendique. Ils font aussi de beaux badges. »

table ronde aux REWICS

table ronde aux REWICS 2007 : « Culture en ligne, cultures en réseau »

J’y étais invité comme « artiste-blogueur-associatif » pour La Toile Numérique. La thématique était « Culture en ligne, cultures en réseau », thématique particulièrement vaste à aborder en 75 mn, où un retour du public était souhaité dans ce format. J’y ai côtoyé  Nathalie CACLARD [ pour les Points Cyb d’Ile de France ], Catherine MUSSELY [pour le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles] et Emmanuel VERGES [ Pour l’Espace Culture Multimédia de Marseille ].

Tout d’abord, je me suis retrouvé en position d’expérimentateur aux côtés d’institution comme le palais des Beaux-Arts, les Points Cyb et les Espaces Culture Multimédia, étant eux, de fait, des réseaux culturels et gérés comme tel. Tout d’abord la table ronde s’est déroulé face à un public clairsemé et à géométrie variable, mais comme me le rappelait Philippe Allard, pour l’organisation des ReWICS, dans un mail : « il peut arriver que  [certaines tables rondes] se déroulent devant un nombre réduit de personnes, ce ne sont pas nécessairement les moins intéressant[e]s ou utiles ! » Certes. Étrangement, aucun artiste numérique ou non, n’était invité à participer à cette table ronde. L’Art et la culture n’étaient vus qu’aux travers de l’œil des diffuseurs ou des facilitateurs.

Il s’agissait plus d’un « échange » d’expériences que d’un débat. Pour les réseaux culturels,  Emmanuel VERGES à abordé les ateliers mis en place en collaboration avec un artiste multimédia, Nathalie CACLARD a abordé les sites à caractère artistique ou culturel dont les Point Cyb ont favorisé l’émergence.  Catherine MUSSELY a parlé des podcastsmis en place sur le site des Beaux-Arts. Moi-même, j’ai parlé du blog pour la promotion de la création numérique et la « gestion » d’un collectif d’artistes. Fort heureusement, le public a relancé de manière pertinente la discussion vers la fin et les problématiques les plus intéressantes n’ont pu être abordées, faute de temps. Ce qui m’a laissé un peu sur ma faim.

Paradoxalement, chacun a convenu que le web ne peut démocratiser l’accès à la culture et que quelque soit les technologies utilisées pour un site ou un blog, nous ne pourront toucher véritablement un nouveau profil de public en terme d’audience et de diffusion culturelle. Donc, de nombreuses questions restent en suspend.

Quel est l’intérêt de créer une interface numérique pour la diffusion culturelle généraliste ?
Quels en sont les objectifs et les enjeux ?
Comment peut on définir clairement un réseau culturel numérique ? Avec quels outils, quelle stratégie ?
Site, blog, wiki peuvent-ils en être le moteur ?
Ce nouvel espace numérique a t’il une fonction organisationnelle, pédagogique ou doit il devenir un lieu culturel virtuel ?
Comment transmettre un savoir efficacement au travers d’un site ? Comment toucher un nouveau public ?
Quelle est l’approche du public vis à vis de l’art numérique ou numérisée ?
Comment « enseigner » la Culture numérique aux nouvelles générations ?

Réunir les ressources, mutualiser les retours d’expérience pour que la culture prenne vie efficacement, durablement et, analyser son ROI dans le monde numérique ? … 5 ans après, je n’ai pas toutes les réponses.