Ceci n’est pas de l’informatique [Le B2I® Ecole:4ème partie]

Les 87% d’élèves à qui j’ai attribué l’attestation B2I Ecole pour l’année scolaire 2009-2010 ne font que démontrer, si cela était nécessaire, l’intéret qu’ils portent au Brevet Informatique et Internet.

L’esprit du Brevet Informatique et Internet veut que chaque élève puisse s’auto-évaluer et demander la validation d’une compétence qu’il pense avoir atteint. Ainsi, il est demandé implicitement à un élève de CM2 d’atteindre un niveau d’autonomie « raisonnée » vis-à-vis de l’ordinateur et d’internet dans le cadre du référentiel B2I.

Les raisons pour lesquelles je n’attribue pas l’attestation en CM2 sont généralement liées au quota de compétences non validées mais se compte au nombre de 3 et elles correspondent finalement à différents profils d’élèves :

– L’élève de bonne volonté qui n’assimile pas les connaissances à cause d’un problème de mémorisation et de compréhension, cette lacune se retrouve en classe, d’ailleurs. Et ce n’est pas directement lié au fait que l’élève ne dispose pas (ou n’y a pas accès) chez lui d’un ordinateur ou d’une connexion internet. En effet, j’ai eu l’occasion d’attribuer l’attestation à des élèves dont les parents allaient seulement s’équiper.

– L’élève, certes de bonne volonté, qui a une « habileté » de manipulation mais qui n’a pas de méthode de travail, qui manque de raisonnement et d’esprit de synthése pour véritablement atteindre toutes les compétences demandées puisqu’elles ne sont pas acquises, notamment dans le domaine 2, 4 et 5.

– Le cas exceptionnel qui statistiquement dans l’établissement où j’interviens n’est pas véritablement représentatif mais qui doit exister dans d’autres écoles; l’élève qui considère l’ordinateur comme un écran de télévision et qui souhaite interagir avec lui, sans usage ni du clavier ni de la souris mais par sa seule force télépathique.

Par facilité de calcul, je dirais que ces 3 profils correspondent au 3% à qui je n’ai pas attribué l’attestation B2I (ce qui n’est pas dramatique, au demeurant, pour la scolarité de l’enfant).

Par ailleurs, j’ai pu observé que, alors qu’on considére qu’il y plus de geeks que de geekettes, le taux de réussite est plus remarquable chez les filles qui souvent ont, toute proportion gardée car ce ne sont pas à proprement parlé des  » digital native » (naître avec les outils numériques ne signifie pas les avoir apprivoisé), une impressionante culture numérique. Alors que pour les garçons, l’ordinateur est souvent juste une console de jeux.

Aussi, alors que j’avais pris l’habitude d’ouvrir le débat avec eux sur leur culture numérique, justement, j’ai pu constater qu’environ 4% d’élèves de CM (environ 170 éléves en tout) disposaient d’un compte Facebook ou Habbo, normalement interdit de moins de treize ans. Ce qui m’oblige, cette année à aborder avec eux les réseaux sociaux.

Les grandes lignes définies pour cette année, lors de la réunion de pré-rentrée, sont :

– Affirmer l’usage des TICE dans l’ecole, notamment pour le soutien scolaire

– Mieux intégrer le programme scolaire dans l’activité B2I

– Développer la richesse du contenu du blog de classe pour les classes de CM

– Envisager la gestion dématérialisée des feuilles de position B2I (base élèves de près de 400 enfants)

– Parler des réseaux sociaux et donc de l’identité numérique dans le domaine 2

Et vous, comment avez vous vécu l’année dernier et qu’envisagez vous pour cette année ?

Pour aller plus loin :

Réseaux sociaux : de nouveaux dangers pour nos enfants ? (Le Monde Technologies)

Les réseaux sociaux (SecuriKids)

Les réseaux sociaux (carte heuristique de Laureline Lefebvre, animatrice Multimédia)

Dossier Identité numérique, quels enjeux pour l’école ? L’identité numérique et les enfants-élèves(NetPublic)

Internet et Google vont-ils finir par nous abrutir ? (Framablog)

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