Google, les médias sociaux et les gens qui nous entourent

Alors qu‘Eric Delcroix lançait, il a quelques jours, une réflexion (pertinente) sur la pérennité des médias sociaux et son utilité pour le grand public, sur son blog, arrive Google Buzz. Ce qui m’incite à rédiger ce billet et à participer en quelque sorte au débat qu’il a initié.

Tout d’abord, si vous n’avez pas lu d’information sur Google Buzz, c’est que vous n’avez pas de compte twitter, que vous ne lisez pas de blogs technophiles par le biais d’agrégateur online ou desktop, bref que vous ne regardez pas trop l’écran de votre ordinateur … et c’est tant mieux.

Pour aller vite, pas trop j’espère, Le nouveau service de Google s’apparente plus à FriendFeed qu’à un nouveau média social du type Facebook en ce qu’il vous permet de lire dans votre webmail les activités numériques des personnes auxquelles vous êtes abonné.

Il semblerait d’ailleurs, d’après certains témoignages que le service inclut « automatiquement » vos abonnés à votre profil Google mais cela peut être désactivé. J’avais remarqué que mes contacts Google Wave était ajouté d’office à ma liste de contacts Gmail. Bon cela, restait somme toute, cohérent.

Mais comme je n’aime pas qu’une application web aille piocher dans mon répertoire de contacts Gmail, ne serait ce que pour faire la promotion de leur service, je préfère lire mon Gmail par le biais de Thunderbird, en tous cas lorsque je suis chez moi.

Il y a quelques temps, Google Wave, était présenté comme une révolution de la communication, voire de la messagerie électronique et même un renouveau des médias sociaux. Google Wave n’est pas un nouveau média social, même si techniquement, certaines personnes peuvent l’utiliser en tant que tel puisque, à l’instar de l’iPhone, il y a une application pour ça et j’avoue ne pas en avoir trouvé un usage pertinent, ni à titre personnel ni à titre professionnel.

Google Buzz ajoute, quant à lui, une plus-value à Gmail, à ceci prés qu’il faut disposer d’un compte Gmail, s’être créé un profil Google, en plus cela engorge votre client mail; web ou desktop des buzzs, y compris les vôtres. Ce qui réduit considérablement son usage, du moins auprès du grand public, comme le souligne Eric Dupin. Pour autant Gbuzz n’est pas un réseau social, Orkut, lui l’est mais n’a pas vraiment connu l’essor de Facebook, non Gbuzz est un énième caisson de résonance de nos flux numériques au point d’en risquer l’éparpillement, voire la pollution des conversations, comme le souligne Fred Cavazza.

C’est vrai que les médias sociaux apportent, de mon point de vue,  un plus en terme de communication, de partage, de collaboration et ce à titre personnel aussi bien que professionnel mais qui les utilisent pleinement sans parler de les connaitre tout simplement. Ils deviennent même, selon Danah boyd, un miroir des exclusions.

Chaque plateforme sociale a un usage propre, on ne s’inscrit pas pour la même raison sur Facebook comme sur FlickR. La première sert à échanger avec des amis, c’était d’ailleurs sa fonction première de vous permettre de retrouver d’anciens copains. La seconde vous permet de partager autour de l’image et de la photographie. En ce qui concerne la seconde, bien que j’y ai un compte par défaut grâce à mon compte yahoo, je n’y partage rien étant un piètre photographe, je pense que pour les photos de famille, Facebook est plus approprié, voire une plateforme généalogique comme Geni, par exemple.

Si, je mentionne ce détail, c’est que je connais des personnes qui se sont inscrites sur FlickR uniquement pour faire des backups de leurs photos familiales ou de soirée, ce qui pour moi est assez étrange tant il existe de services de stockage en ligne qui permettent de partager de la même manière. A ce titre, pour compléter ce qu’écrivait Eric Delcroix, il faut aussi éduquer ceux qui utilisent les médias sociaux.

Personnellement, j’avais supprimé un temps mon compte Facebook, pour le recréer par la suite afin d’y suivre mon adolescente de fille dans ces pérégrinations numériques et y reconstruire un groupe familial en plus du site Geni, précité. J’ai découvert que bon nombre des membres de ma famille y était inscrit, et pas seulement les plus jeunes.

Donc, je pense que dés qu’une plateforme sociale atteint une certaine notoriété (on en parle à la télé, dans la presse, en bien comme en mal, on s’y fait inviter, à l’insu de son plein gré) et que les personnes en perçoivent le potentiel, il s’y inscrivent ne serait ce que pour rester en lien avec la famille expatriée. Le grand public se l’approprie petit à petit.

Alors, Twitter, évidemment reste un truc de geek, en plus il me semble qu’il  est toujours présenté comme une plateforme où l’on publie son statut « What are you doing ? », alors que c’est essentiellement du partage d’infos (liens). L’interface minimaliste de micro-blogging peut surprendre les adeptes de facebook.

Alors qu’à titre personnel, je partage par le biais de bookmarklet, d’agrégateur RSS ou de client desktop, bref je ne vais que très rarement sur ma page Facebook ou Twitter. C’est aussi cette environnement de gadgets qu’il faut promouvoir. Et j’oserais dire le bon usage d’un navigateur, surtout ceux à qui ont peut ajouter des plugins.

Ce pose ici la question (pertinente) d’Eric Delcroix, à savoir la présence web face aux médias sociaux. Puisqu’il n’est plus utile de se connecter à la page du site pour y partager un quelconque contenu. En tant qu’internaute, vous n’exister que par la qualité de ce que vous publiez, vous n’existez que parce qu’on vous lit, d’un œil distrait, peut être parce que vous n’êtes qu’une infime partie de ce flot d’informations transmis. Vous devenez un flux dématérialisé, de fait, sans vraiment avoir un retour précis de votre logorrhée numérique, d’autant que les couches de relais de l’information se multiplient (cf. Gbuzz) .

Nous en revenons toujours au fameux contenu généré par l’utilisateur. Qui est la source, qui est le vecteur d’information ? Pour revenir momentanément à Google Buzz, il semble que par ce biais, la pression soit mise sur la création de profil Google plus que sur l’usage de ce nouveau service. Service qui fut devancé, il y 2 ans par yahoo, comme l’a rappelé finement la société de Sunnyvale sur son compte Twitter officiel.

Le personnel branding d’il y a quelques années (souvenez vous de Ziki) se transforme en une espèce de nuage d’informations qui vous permettent d’affirmer votre identité numérique, malgré les réseaux sociaux (bien qu’on en ai toujours besoin, ne serait ce que pour y avoir un compte).

En parlant d’identité numérique, pour peu que vous soyez inscrit sur de nombreuses plateformes sociales, vos profils sont partout et, notamment accessibles à Google Buzz, dont le premier métier est tout de même la recherche … euh, l’indexation et les statistiques.

A cause des problèmes liées à la vie privée, de ceux rencontrés dans la navigation sur les plateformes, de la connaissance même des plateformes sociales voire de leur usage, du temps véritable qu’on peut (veut) y consacrer lorsqu’on n’est pas féru de nouvelles technologies, de l’activité réelle qu’on y déploie, les médias sociaux ne sont pas destinés à tout le monde.

Pour information, alors que je travaille dans l’éducation, pour une école, pour être précis, ce qui signifie que je ne peux raisonnablement pas inciter à l’usage de certains outils comme il serait possible dans un lycée ou une université.

Je viens cette année seulement de créer un blog pour une école et une chaine Youtube pour des collégiens. Tout cela pour dire que cela avance petit à petit, en attendant le web 3.0. Il faut aussi former les collaborateurs avec qui on travaille. Je ne désespère pas tout de même développer un ENT en y impliquant les enseignants.

J’espère que mon témoignage pourra faire avancer la discussion qui reste ouverte.

Note aux lecteurs : ce billet risque fort d’évoluer avec le temps, n’hésiter pas à revenir le lire et à le commenter.

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