Le B2I® Ecole : Retour d’expérience [3ème partie]

Je tenais à préciser que cette vidéo n’est pas représentative du B2I dont je m’occupe
mais a été envoyé par Syboule, il y 17 mois sans plus d’informations sur l’école, d’ailleurs.

Les TICE, acronyme à ne pas confondre avec le réseau de transport urbain bien connu des Essoniens ou le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, ont été initié en 1985 sur le plan politique par le fameux plan informatique pour Tous (rappelez vous les Thomson TO7) qui cherchait initialement, à résoudre la « fracture numérique ». Quelques dix années plus tard, les connections internet existent dans les écoles et les académies proposent leur site web et, par la suite, des espaces d’hébergement pour les établissements scolaires qui en dépendent. Les expériences multimédia ont existé bien avant dans l’enseignement et l’usage des TICE se sont développé grâce au corps enseignant.

Pour l’anecdote, j’ai constaté que les arts numériques, autre domaine qui me passionne, n’ont fait leur apparition dans l’éducation nationale (arts visuels ou plastiques) qu’il n’y a que quelques années, alors que ceux ci ont une histoire de prés de trente ans.

Pour revenir au B2I qui est né en 2000, celui ci, à l’instar des matriochkas, s’empilent avec d’autres outils et ressources dédiées; le didacticiel, le e-learning (l’apprentissage en ligne) souvent matérialisé par l’implantation d’un ENT (espace numérique de travail): portail en ligne ouvert à tout la communauté scolaire pour échanger, administrer et éduquer, le cahier de texte électronique peut en faire partie, et enfin les TBI (tableau blanc interactif).

Historiquement, il ne faut pas perdre de vue que c’était souvent les lycées qui étaient équipés en premier, ensuite les collèges et les écoles. Les enseignants et les élèves ont été formés dans le sens inverse de la continuité scolaire, le B2I a donc obligé a remettre à plat cette état de fait en impliquant une cohérence d’évolution pour l’éléve. La qualité du B2I École est souvent proportionnée à la motivation des enseignants, pour tout dire de l’intérêt qu’ils portent aux TICE, et de la coordination avec l’intervenant, le cas échéant.

En ce qui me concerne pour le B2I École, je gère le cycle 3, à savoir les classes de CE2 jusqu’à CM2. Le cycle 2 (CP-CE1) est souvent géré par des parents d’élèves que je ne rencontre pas toujours et qui ne gèrent pas systématiquement la feuille de position B2I (papier ou numérique), alors que celle ci est sensé suivre l’élève dans sa scolarité. Mais tout ceci va se mettre en place au fur et à mesure. Tous les enseignants ne sont pas sensibilisés aux Technologies de l’information et de la Communication pour l’enseignement et, ils existent, à ce titre, de mon point de vue quatre types d’enseignants (quelque soit leur âge, d’ailleurs) :

– L’initié-motivé ouvert aux TICE
– Le non-initié mais motivé et souvent plus créatif que le premier
– Le non-initié, non-motivé (ils considèrent le B2I comme « quelque chose en plus » et accessoire)
– L’initié à une « certaine forme de gestion du B2I » et « relativement » motivé (cas particulier découvert cette année en école et par observation en collège ; il confond « Word » et la notion de traitement de texte, « internet explorer » et la notion de navigateur, il considère la maitrise du clavier comme une priorité mais omet les règles typographiques liés à un texte dactylographié, il ne jure que que par le logiciel capB2I, il est difficile, voire impossible de parler avec lui, des applications bureautiques web 2.0 du type Zoho et la notion de partage web, lui est étrangère … (et là, c’est très, très dur))

La particularité de ce dernier cas, que je ne critique pas mais que j’observe, est du, à mon avis, à un manque de culture numérique. En ce qui me concerne, ma culture numérique est la suivante : Cela va faire maintenant 3 ans que je blogue et, par voie de conséquence, que je m’intéresse au web 2.0, et si l’on s’en tient à la maintenance de site, cela va faire bientôt 8 ans. Plus de 10 ans, que je pratique et m’intéresse aux arts numériques. En ce qui concerne l’informatique, à proprement parlé, cela va faire plus de 20 ans que je manipule un ordinateur ; ZX81 (ça ne rajeuniras personne), Amstrad cpc 464, Macintosh SE, Macintosh LC puis gamme PC, par la suite pour des raisons économiques. Tout cela dit pour souligner que j’ai connu l’informatique au travers de l’évolution de son matériel et internet en France, dans les limbes des années 90.

Tout cela pour dire que j’étais prédisposé à transmettre mes connaissances. A tel point, qu’on m’a même proposé de gérer le B2I, dans les premières années de sa mise en place, dans le cadre d’activités péri-scolaires, ce qui est quand même, énorme. Au fil du temps (6 mois), j’avais compris l’esprit du B2I, à savoir, notamment et surtout, que les élèves, eux-mêmes, pouvaient indiquer leurs compétences à valider.

D’ailleurs, les travaux d’élèves dont je m’occupent apparaissent dans le blog que j’ai créé, à mon initiative personnelle, initialement prévu pour les activités péri-scolaires ou sous forme de fiche B2I (la plupart ayant une connexion internet), pour se remémorer ce qui a été abordé dans la séance.

Comme je l’avais indiqué dans des billets précédents, outre les difficultés de coordination de projets et la gestion des personnes, il peut exister dans certains cas des manques de moyens techniques ou financiers, mais cela est une autre affaire. Tout cela pour dire que la mise en place et la gestion du B2I dans une école n’est pas un long fleuve tranquille. D’autant que dans l’idéal et pour être vraiment en cohérence avec l’esprit de ce Brevet, il faudrait que chaque classe dispose d’un parc informatique et gère, à l’occasion, les items dans le cadre du programme pédagogique de la classe. Nous sommes loin de cela, puisque, par soucis d’efficacité, les ordinateurs sont souvent centralisés dans une salle multimédia ou une classe pupitre dont l’occupation est planifiée.

Pour finir et pour rester constructif dans cette troisième et dernière partie de mon billet consacré au B2I, je vais partager avec vous quelques ressources souvent libres ou gratuites qui permettent de mieux appréhender le B2I et que j’utilise pour la plupart.

Test en ligne B2I que je trouve bien fait, même si je ne les utilise pas [1]
QCM B2I (académie de Lyon)
TestB2I (académie de Créteil)

Gestion des feuilles de position :
Cap B2I (logiciel de test et de gestion du B2i créé par Marc Bizet, prof de maths)
GIBII (moteur PHP crée par l’académie de Bordeaux qui a largement ma préférence, je cite ici celui formaté pour l’académie de Lille)

Utilitaires pour les démonstration écran :
Italc (logiciel d’e-learning)
Pointofix (utilitaire pour la démonstration écran)

Utilitaires pour la gestion du parc informatique et le réseau :
Lantool (gestion du réseau)
GLPI + OCS NG Inventory (logiciels libres pour la gestion du parc informatique très complet)

Podcast :

** Screencast (mode d’emploi ou cours en vidéo) :
Camstudio
Camstasia 3 (version qui fut, un temps, gratuite qui a largement ma préférence)
Jing

Freescreencast

Screentoaster

** Audio :

Audacity (pour la prise de son)

Dewplayer.swf (lecteur audio à embarquer sur son site)

Utilitaires ENT (sans oublier que les écoles disposent souvent d’un CMS qui peut rapidement proposer un espace ENT et c’est d’ailleurs meilleur pour le référencement) :
Claroline (*)
Prométhée

Ellg (plutôt réseau social du type Facebook mais tout à fait approprié à un usage TICE)

Tester en ligne les CMS et autres Wiki avant de les installer

TBI (Tableau Blanc Interactif)
Prométhéan (*)
Ebeam (solution pour vidéo projecteur)
TNWii (Tableau Numérique, sur la base de vidéo projecteur et à base de Wiimote)

Ressources pédagogiques en ligne (il existent, par ailleurs, de nombreuses fiches B2I triées par classe et partagées par les différentes académies)
Primtice
PrTice.info
Nétia59TICE
… etc

Veille pédagogique
Netvibes
Igoogle
Google Reader
… etc

(*) découvert lors de ma participation aux Rewics 2007, en tant qu’orateur sur « la culture en réseau »

[1] C’est par choix que je n’utilise pas les testB2I en ligne ou les logiciels gratuits, parce que comme je l’avais indiqué dans un précédent billet, cela à par trop tendance à mettre l’élève en condition de test sans le mettre en condition d’acteur-producteur. Bien qu’ils puissent être utiles pour valider les items des domaines 2 et 5, par exemple, c’est un peu comme si on voulait attribuer le permis de conduire (attestation) en se contentant de faire passer le code de la route.

Je pense avoir fait le tour. Enseigner sa passion à des enfants reste, malgré la gestion de la discipline, dans certains cas, une expérience tout à fait motivante et enrichissante. La conversation à ce propos reste ouverte et les échanges de ressources sont les bienvenues.