Le B2I® Ecole : retour d’experience [partie 1]

J’avais depuis quelques temps l’envie de traiter du B2I sur ce blog puisqu’il s’agit aussi d’une activité de mon association et pour être honnête, c’est la lecture de nombreux articles du blog d’Eric Delcroix (Ed-Production) qui m’a amené à franchir le pas.

En tant qu’infographiste, je proposais en 2001 des interventions périscolaires de peinture numérique dans une école, puisque j’étais sur place, la directrice d’alors me propose d’encadrer également le B2I (Brevet Informatique et internet créé en 2000 et marque déposée) pour les CM2, en 2002-2003. J’en connaissais le contenu parce que je suis curieux des contenus pédagogiques liés à l’informatique et je n’avais pas manquer d’en faire le rapprochement avec TimP@ss (pourtant destiné aux adultes) qui était proposé dans une autre structure (une maison de quartiers) pour laquelle j’intervenais aussi auprès d’enfants d’âge de l’école primaire dans le cadre d’activités extra-scolaires de création numérique.

Le planning est établi et je dispose des documents et autres supports pédagogiques directement transmis par l’inspection académique. Pour la petite information, les sessions hebdomadaires se sont effectuées à l’arrachée pour faire tenir tout le contenu dans le planning, ce qui ne permet pas vraiment un suivi personnalisé d’autant que le parc informatique limité m’obligeais à placer plusieurs élèves sur un même poste. Il ne faut pas oublier que « l’imposition » du B2I date de cette époque et que sa mise en place effective restait à la discrétion du chef d’établissement. Dès lors qu’il ne disposait pas de parc informatique, la question ne se posait même pas. Pour les autres, la plupart du temps, 5 postes se battaient en duel.

Etant d’un naturel respectueux du règlement, je pense avoir distribué honnêtement le B2I, malgré les conditions de travail assez épiques, dans certains cas. Mes activités péri-scolaires se poursuivent mais l’encadrement du B2I ne se poursuit pas suite à de fumeuses raisons de changement de directeur et de budget restreint. Les années se passent et je poursuis d’autres activités, en plus des écoliers, auprès des collégiens des classes relais et segpa, cette fois.

Je fais connaître à un autre directeur d’établissement (école) ma capacité à encadrer le B2I, lui ayant fait preuve de ma pédagogie dans d’autres activités liés à l’informatique et à internet. Suite à la défection de jeunes animateurs TICE consécutifs, il me propose d’encadrer cette activité en 2007-2008, à l’arraché, une nouvelle fois, puisque je récupère les classes dans une période proche du troisième trimestre sans connaitre par avance les acquis véritables des élèves et les « méthodes » de travail précédemment utilisées.

La classe multimédia est plus vaste : 15 postes en réseau + 1 poste maître, routeur DSL, scanner, imprimante jet d’encre et laser, vidéo-projecteur et écran mural dont la maintenance est assurée par une SSII. L’espace de travail est plus confortable, certes, mais ce n’est pas une classe pupitre avec une trentaine de postes, serveur kwartz, logiciel d’e-learning Net Support school, filtrage IP, partition de travail pour les élèves … Bon j’ai tout de même installé Lan Tool (gratuit pour la gestion des postes du réseau (1)) et Italc (logiciel d’e-learning, libre mais un peu moins complet que Net support school).

Ce préambule pour souligner que la mise en place du B2I est souvent assez folklorique, sans compter la gestion des problèmes techniques (sinon, ça serait moins drôle), des problèmes budgétaires éventuels, des « bugs » dans la communication entre la direction et l’équipe enseignante, des « bugs » dans les plannings (séance reportée ou annulée sans préavis) avec la nécessité de s’en tenir au contenu et au volume de connaissances à transmettre. Tout cela restant, bien évidemment, invisible aux yeux des parents d’élèves.

Ma première impression, il y a 6 ans, en mettant en œuvre le B2I est que l’accord cadre passé entre Microsoft et le ministère de l’Education Nationale (renouvelé par tacite reconduction et toujours d’actualité) prenait tout son sens ici aussi puisque finalement les élèves travaillait sur PC équipé de l’OS Windows (il faut souvent attendre le collège pour qu’il découvre un double boot avec Linux (Ubuntu)), utilisent pour la bureautique; la suite Microsoft, pour la navigation et la communication ; IE, outlook, voire MSN (que je ne présente pas personnellement dans le cadre du B2I, mais qui est utilisé par une bonne part des élèves). La tendance, en ce qui concerne le logiciel libre, a changé aujourd’hui et c’est même devenu une politique d’équipement, mais à l’époque, oser parler d’open office à un responsable TIC de l’éducation Nationale risquait de vous envoyer au bucher sur la place publique.

Ce Brevet Informatique et Internet, Ecole (niveau 1) se présente sous forme de 22 items que les élèves doivent toutes avoir obtenues (avec une tolérance de 18/22) pour recevoir son attestation. Celles ci sont réparties dans les domaines suivants :

1. S’approprier un environnement informatique de travail
2. Adopter une attitude responsable
3. Créer, produire, traiter, exploiter des données
4. S’informer, se documenter
5. Communiquer, échanger

A noter que le B2I se poursuit au collège où depuis cette année il fait partie intégrante du brevet des collèges et ensuite au lycée. Sans rentrer dans le détails des items (pour cela je vous invite à lire la feuille de position B2I Ecole), l’approche des domaines 2 et 5 posent divers problèmes.

Techniques pour le 5, puisqu’il s’agit ici de faire manipuler à l’élève un client de messagerie, si possible en conditions réelles, ce qui sous-entend que les élèves doivent posséder un email propre à l’établissement ou créé pour l’occasion et surtout un interlocuteur avec qui échanger (une autre classe, par exemple). La création d’email personnelle, le paramétrage des comptes et le partenariat à élaborer doit se faire en dehors des séances d’activités, ce qui rend le tout assez difficile à mettre en œuvre.

Le 2 est une approche avec les élèves de la notion du droit d’auteur, de la sécurité numérique, de la confiance qu’on peut accorder aux infos du web et notamment pour un usage scolaire et la connaissance de la charte informatique de l’école, bref des notions qui ne sont pas réellement quantifiables et délicates à transmettre surtout concernant le droit d’auteur. Comme nul n’est sensé ignorer la loi, il faut leur faire connaître la charte informatique qui n’existe pas toujours dans l’établissement, j’ai d’ailleurs du télécharger la charte-type proposée par l’éducation nationale; 13 pages assez confuses et difficiles à faire assimiler aux élèves. D’ailleurs Eric Delcroix n’a pas compris pourquoi il devait la signer (2).

Je vous laisse faire une pause et vous livrerez la deuxième partie de ce billet dans quelques temps.

(1) Je fournis le lien direct de Toocharger.com, la home page de l’éditeur n’étant plus accessible.

(2) Lire le billet : Pourquoi je n’ai pas mis ma fille dans la classe pupitre ?

Une réflexion sur “Le B2I® Ecole : retour d’experience [partie 1]

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