La peinture numérique est elle soluble dans l’art actuel ?

Voici encore le « marronnier » de tout blog qui traite de la peinture numérique. Après avoir interviewé de nombreux(ses) peintres numériques, discuté avec certain(e)s par courriel ou en exposition, le constat est, pour tous(tes), le même ; la peinture numérique manque de reconnaissance dans le monde de l’art. Par monde de l’art, je parle, bien évidemment des pairs, des galeristes et des institutions culturelles.

© Steel Dolphin Creative

© Steel Dolphin Creative

Force est de constater, que la peinture numérique en exposition ne correspond pas à une attente de la part des pouvoirs publics qui l’a considère toujours comme une discipline « thématique ».

J’en veux pour preuve l’accueil mitigé pour l’organisation par l’association d’une exposition collective, regroupant de nombreux artistes nationaux, alors que les démarches individuelles sont productives.

Bien que la peinture numérique soit un art exercé depuis de nombreuses années, elle n’atteindra jamais un niveau de maturité et de notoriété comme l’art numérique avec ces installations vidéos et interactives parce qu’elle n’apporte rien d’innovant d’un point de vue technologique et de la fabrication d’une œuvre.

Elle reste associée, quoiqu’on en dise à la peinture traditionnelle, et ne peut, de ce point de vue, qu’être balayée par l’omniprésente de l’art conceptuel et contemporain qui est la seule vision de la production artistique actuelle.Les peintres numériques ne sont que rarement « cotés » et il n’existe pas véritablement de marché de la peinture numérique, voire de réseaux spécifiques de diffusion. On ne peut affirmer que les institutions régionales soutiennent activement cette production.

Les quelques lieux d’exposition, les quelques salons finissent par disparaître, faute de rentabilité ; par manque de visiteurs, d’acheteurs, et donc d’investisseurs ou se transforment, par soucis d’économie, en des « projections-écran» sans intérêt.

Au delà de la problématique de la définition de la peinture numérique, cette technique s’exclue, de fait, de l’art numérique qui présente une nouvelle manière de créer et d’appréhender l’œuvre d’art. L’ambiguïté peut être entretenue par les artistes eux même.

Il y a un travail d’éducation à la technique et de promotion à élaborer auprès de public, qui n’est pas toujours pris en charge par l’artiste, faute de temps. Certes, les cimaises virtuelles présentent de nombreux peintres numériques, les blogs et les sites sont devenus les outils de communication et de promotion des artistes et on ne comptent plus les tutoriaux Photoshop accessibles par les moteurs de recherche.

Et pourtant …

La peinture numérique n’a pas trouvé sa place et, à mon avis, ne la trouvera pas en tant que mouvement collectif parce qu’elle se base sur une technique et non sur une nouvelle approche artistique. Seules les démarches individuelles demeurent efficaces, c’est la raison pour laquelle, j’ai de plus en plus de doutes, quant à la pertinence d’une exposition collective.

Il me semble que le plus productif soit de forger un réseau de diffusion, de fédérer les différents acteurs et de promouvoir la peinture numérique par le biais d’atelier d’éducation artistique et technologique ainsi que des lieux de diffusions spécifiques.

La peinture numérique existe et demeure, bien évidemment, par les peintres eux-même, qui produisent, diffusent et vivent (correctement ?) de leur art. La technique numérique mise au service de la création est un palier supplémentaire pour la production picturale mais reste insignifiante au regard de l’art contemporain et de l’art numérique qui intègre les NTIC.

La guêpe Photoshopée provient d’un tutorial de Chris Arlidge

Une réflexion sur “La peinture numérique est elle soluble dans l’art actuel ?

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